mercredi 30 mars 2011

Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand

Mme Piau, professeur de français, lit : Cyrano de Bergerac

Quatrième de couverture :
Affublé d'un nez proéminent qui l'empêche de déclarer à sa cousine l'amour qu'il éprouve pour elle, Cyrano est un homme d'une noblesse rare : il aidera son rival, qu'il sait aimé de la belle, à la conquérir. Rostand a signé avec cette comédie héroïque un chef-d'oeuvre de la littérature universelle.

Avis :
Cyrano est un personnage truculent, un Gascon qui manie les mots comme des armes et aime aussi manier l'épée. Mais surtout, Cyrano est un personnage émouvant qui se juge indigne de la belle Roxane à cause de son physique disgracieux. Cette pièce signe le triomphe d'un amour qui se moque de la beauté physique pour célébrer la beauté de l'âme.

Cyrano de Bergerac a été adapté pour le cinéma par Jean-Paul Rappeneau en 1990, avec Gérard Depardieu dans le rôle titre.










dimanche 27 mars 2011

Barre-toi de mon herbe de F'Murr

Mme Piau, professeur de français, lit : Barre-toi de mon herbe

Rien n'est plus difficile que de résumer un album de la série Le génie des alpages. Il s'agit des "aventures" d'un troupeau de brebis autogéré, quelque part dans les Alpes. On trouve quelques personnages phares : Romuald, le bélier (qui peine à imposer son autorité), le Chien de berger (qui philosophe, sculpte et s'accommode fort bien de son troupeau récalcitrant) et le vieux berger (qui s'est résigné à n'avoir aucune prise sur ses animaux). Dans ce troupeau, on discute, on philosophe, on se chamaille, on se plaint, on revendique. On est  parfois victime des aigles. Accessoirement on tue les touristes...


Avis :
Attention ! Texte absurde et dessin délirant. Une BD de F'Murr se savoure car il se passe toujours quelque chose en arrière plan ou dans les coins. F'Murr joue avec les conventions du genre : ah ! cet aigle qui s'assomme contre le bord d'une vignette !
Amateurs d'humour décalé et de non-sens, cette BD est pour vous. Les autres, évitez ces alpages !



Pars vite et reviens tard de Fred Vargas

Mme Piau, professeur de français, lit : Pars vite et reviens tard

Quatrième de couverture :

Des signes étranges, tracés à la peinture noire sur des portes d'appartements, dans des immeubles situés d'un bout à l'autre de Paris. A première vue, on pourrait croire à l'oeuvre d'un tagueur. Le commissaire Adamsberg, lui, y décèle une menace sourde, un relent maléfique.
De son côté, Joss Le Guern, le Crieur de la place Edgar-Quinet, se demande qui glisse dans sa boîte à messages d'incompréhensibles annonces ? Certains textes sont en latin, d'autres semblent copiés dans des ouvrages vieux de plusieurs siècles. Mais tous prédisent le retour d'un fléau venu du fond des âges...


Avis :
Jean-Baptiste Adamsberg est un commissaire singulier : il est nonchalant, rêveur et possède le don d'endormir n'importe qui (humain ou animal) rien qu'en lui caressant la tête. Mais il ne faut pas se fier aux apparences : il possède une acuité d'esprit hors du commun. C'est avec délectation qu'on le suit dans une enquête qui explore le passé pour résoudre des mystères du présent.

jeudi 24 mars 2011

Les chiens écrasés de Ludovic Roubaudi

Mme Corbel, documentaliste, lit : Les chiens écrasés

Quatrième de couverture :

"Les petits meurtres, les affaires crapoteuses, les crimes de sang, les viols, les braquages... tous ces articles qu'on lit avec délices et que l'on oublie aussi vite. Ce sont des chiens écrasés. On s'arrête pour regarder la tripe et le sang sans même se poser la question du nom du chien ou de sa race. On s'abreuve de malheur à deux balles et ça suffit. Mon boulot à moi c'est de bien décrire tous ces cadavres de chiens qui jalonnent les routes de France. Jusqu'à aujourd'hui je n'y voyais pas de mal..."
Le gratte-papier Grand et le photographe Casa, accro au vin blanc, débarquent à Arras pour enquêter sur une sordide affaire de SDF. Mais Grand s'amourache de la blonde locale, et, pour rester dans le coin, travestit la vérité de façon éhontée. L'affaire se corse... L'auteur du désopilant 18  décrit avec le même bonheur le quotidien des "vautours de la misère", prêts à tous les arrangements pour alimenter la rubrique du fait divers. Un roman noir, à l'humour tendre, porté par une réflexion sur les (mauvais) usages de la presse.

Avis : 
Un roman noir,  qui, malgré sa légèreté, nous amène à une réflexion sur le monde journalistique et ses travers. Pour gagner de l'audience, certains sont prêts à tout, même dans les faits divers ....
Conclusion : restons vigilants !

dimanche 20 mars 2011

La fée carabine de Daniel Pennac

Mme Piau, professeur de français, lit : La fée carabine

Quatrième de couverture :
"Si les vieilles dames se mettent à buter les jeunots, si les doyens du troisième âge se shootent comme des collégiens, si les commissaires divisionnaires enseignent le vol à la tire à leurs petits-enfants, et si on prétend que tout ça c'est de ma faute, moi, je pose la question : où va-t-on ?"
Ainsi s'interroge Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel, payé pour endosser nos erreurs à tous, frère de famille élevant les innombrables enfants de sa mère, coeur extensible abritant chez lui les vieillards les plus drogués de la capitale, amant fidèle, maître affectueux d'un chien épileptique, Benjamin Malaussène, l'innocence même ("l'innocence m'aime") et pourtant... pourtant, le coupable idéal pour tous les flics de la capitale.

Avis :
Le premier tome d'une longue saga à la fois comique, héroïque et horrifique. Pennac mène son récit avec plaisir et délectation, et laisse libre cours à l'imagination la plus débridée. Ses mots engendrent des enfants merveilleux et insolents, et en refermant le volume on a envie de crier : "Daniel raconte-nous encore une histoire." Et il le fait...

jeudi 17 mars 2011

Aya de Yopougon de Marguerite Abouet

Mme Corbel, documentaliste, lit : Aya de Yopougon

Aya vit dans le quartier de Yopougon, à Abidjan.C'est une jeune fille sérieuse, qui rêve de devenir médecin. Autour d'elle gravitent des personnages croustillants : ses amies, des go qui  ne pensent qu'à aller au maquis et danser avec les môgô, les tontons en goguette,  les jeunes flambeurs ...


Avis :
BD, subtile et pleine d'humour, dans une Afrique gaie. C'est frais et tellement coloré, dans les images et dans les textes ! Walaï!



Les chiens de Riga de Henning Mankel


Mme Corbel, documentaliste, lit : Les Chiens de Riga

Quatrième de couverture :

L'action se situe en grande partie en Lettonie, alors que les Etats baltes s'émancipent de la tutelle soviétique. Hiver 1991. Un canot pneumatique s'échoue à Mossbystrand, au large d'Ystad (siège du commissariat de Wallander). Il contient les corps de deux hommes, torturés et exécutés d'une balle dans le cœur. L'origine du canot est rapidement établie : fabrication yougoslave, utilisé uniquement par les Soviétiques et leurs satellites. Les corps sont à leur tour identifiés : criminels lettons d'origine russe, liés à la mafia russe. Un officier de police de Riga est appelé en renfort à Ystad. Le commissaire Wallander se prend d'amitié pour l'étrange major Liepa et commence à entrevoir, à son contact, la complexité du monde où a été commis ce double meurtre.
A peine rentré en Lettonie, le major Liepa est assassiné. A la demande des enquêteurs Wallander part pour Riga. C'est le début d'une aventure insensée où il va se trouver complètement démuni, privé de tout repère. Seule certitude : le major a été éliminé pour des raisons politiques. Quant à Wallander, il est manipulé. Par qui ? Par la veuve du major, la belle Baiba Liepa ? Par l'un ou l'autre des deux officiers de police chargés de l'enquête ?

Avis :
Ah, cet inspecteur Wallander ! il nous fait voyager entre la Suède et la Lettonie, dans une intrigue policière mêlée à de l'espionnage international, avec beaucoup de réalisme. Ca nous fait froid dans le dos, mais c'est tellement addictif !

mercredi 16 mars 2011

Dans la brume électrique de James Lee Burke


Mme Piau, professeur de français, lit : Dans la brume électrique

Quatrième de couverture : 
Une équipe de cinéma s'est installée à New Iberia pour y tourner un film épique sur la guerre de Sécession, avec la star hollywoodienne Elrod Sykes. Arrêté par Dave Robicheaux pour conduite en état d'ivresse, l'acteur affirme qu'il a vu, pendant le tournage d'une scène dans un marais, le corps momifié d'un Noir enchaîné.
Dave est tenté de croire à ce récit invraisemblable car, trente-cinq ans plus tôt, il a été le témoin impuissant de l'assassinat d'un homme de couleur par deux Blancs. le corps n'avait jamais été retrouvé.
Le shérif se moque bien d'un crime vieux de trente-cinq ans, mais lorsque Dave est face au squelette de la victime, il comprend que le souvenir de ce meurtre n'a cessé de le hanter...
En fait il comprend que la guerre de Sécession ne s'est jamais arrêtée et que la bataille de New Iberia continue, avec une rare violence.


Avis :
Un polar au suspense impeccable qui accorde pratiquement plus d'importance au décor, à l'ambiance qu'à l'action sans pour autant occulter toute violence. James Lee Burke nous aide à comprendre que le fameux "rêve américain" a oublié la Louisiane, confrontée à la pauvreté, au racisme et à la corruption. Un roman à lire au rythme de la musique cajun et zydeco.


Pour vous mettre en appétit, un court extrait :

" J'avais fini mon service, j'étais fatigué, usé, après une journée passée à chercher une jeune fille de dix-neuf ans dans les bois pour finir par la trouver là où on l'avait abandonnée, au fond d'une coulée, la bouche bâillonnée et les poignets ligotés au chatterton. J'avais déjà tenté de cesser de penser à tout le reste. Le médecin légiste était un homme gentil. Il avait collé le corps dans un sac avant que des journalistes ou des membres de la famille n'arrivent sur les lieux.
  Je n'aime pas agrafer les conducteurs en état d'ivresse. Je n'aime pas écouter leurs explications, observer leurs efforts pitoyables pour afficher un semblant de sobriété, ou voir la peur éclater et faire briller leurs regards lorsqu'ils prennent conscience qu'ils sont bons pour la cage à poivrots, avec pour seul espoir au petit matin du lendemain de voir apparaître leurs noms dans le journal. Ou peut-être qu'à dire vrai, tout bonnement, je n'aime pas me voir lorsque je plonge mon regard dans leur visage." p7-8


James Lee Burke

Ce roman a  été porté à l'écran par Bertrand Tavernier avec Tommy Lee Jones dans le rôle de Dave Robicheaux.

 
Un photogramme extrait du film et le lien vers la bande-annonce :

Sam Hogman Patin et Dave Robicheaux


http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18864629&cfilm=125128.html



mardi 15 mars 2011

Au Loup ! de F'Murr

Mme Piau, professeur de français, lit :  Au Loup ! 


Il était une fois un loup, un petit chaperon rouge, Charles Perrault (leur créateur), mais aussi un corbeau et un fromage (là, Perrault n'y est pour rien) et encore un ange qui passe, Ravaillac, Hamlet et le crâne de Yorick (Perrault n'y est pour rien non plus)... A croire que toutes les histoires et l'Histoire se sont donné rendez-vous dans cette bande-dessinée. 

Avis :
F'Murrr revisite quelques contes, fables, tragédies et aussi l'Histoire (Ravaillac veut forcer Perrault à modifier l'épisode le concernant !) par pur goût de la parodie joyeuse et déjantée. Un régal.


Notre part des ténèbres de Gérard Mordillat

Mme Piau, professeur de francais lit : Notre part des ténèbres

Quatrième de couverture :

Dans la nuit du 31 décembre, Gary et les autres membres de l'atelier de recherche mécanique de Mondial Laser, une entreprise de pointe vendue à l'Inde par un fonds spéculatif américain s'emparent d'un navire de luxe, le Nausicaa. A bord, les actionnaires et leurs invités célèbrent au champagne une année de bénéfices records. Tandis que la fête bat son plein - bal masqué, orchestre, caviar -, le Nausicaa est détourné. Il met cap au nord. Gary, Suz, Dargone, Doc, Amos, Maximilienne dite Maxi, Kiki, Isabelle, Jaqueline, Moïra... et cent autres de Mondial Laser veulent contraindre ceux pour qui ils n'étaient que des chiffres à connaître eux aussi le froid, la solitude, l'abandon... Dès lors, la peur change de côté...

Avis :
Mordillat construit un roman sur les ravages de l'ultra-libéralisme haletant comme un polar. C'est aussi une formidable histoire de révolte, de vengeance et d'amour absolu qui nous emmène au-delà des ténèbres. Où ? Vers un monde meilleur sans doute.