mercredi 18 mai 2011

Les Demeurées de Jeanne Benameur

Mme Corbel, documentaliste, lit : Les Demeurées

Quatrième de couverture :
La mère, La Varienne, c'est l'idiote du village. La petite, c'est Luce. Quelque chose en elle s'est arrêté. A deux, elles forment un bloc d'amour. Invincible.
Mais l'école menace cette fusion. L'institutrice, Mademoiselle Solange, veut arracher l'enfant à l'ignorance, car le savoir est obligatoire. Pourra-t-elle franchir indemne le seuil de ce monde ?
L'art de l'épure, quintessence d'émotion, tel est le secret des Demeurées. Jeanne Benameur, en dentellière, pose les mots avec infinie pudeur et ceux-ci viennent se nouer dans la gorge.

Avis :

Pudeur et dignité, voilà ce qu'est cette belle et grande histoire, dans un tout petit roman. Amour inconditionnel entre une mère simplette et sa fille, dans un  Monde particulier.  Mais a-t-on le droit de juger ?

lundi 16 mai 2011

Grâce et dénuement de Alice Ferney


 Quatrième de couverture :

"Rares sont les Gitans qui acceptent d'être tenus pour pauvres, et nombreux pourtant ceux qui le sont. Ainsi en allait-il des fils de la vieille Angéline. Ils ne possédaient que leur caravane et leur sang. Mais c'était un sang jeune qui flambait sous la peau, un flux pourpre de vitalité qui avait séduit des femmes et engendré sans compter. Aussi, comme leur mère qui avait connu le temps des chevaux et des roulottes, ils auraient craché par terre à l'idée d'être plaints. "

Avis : 
Esther, bibliothécaire, se rend tous les mercredis, sur un terrain vague , où vit un clan de gitans.  Progressivement, les enfants, les adultes rentrent dans le monde des livres. Et là les portes de la liberté, de la culture s'ouvrent...C'est avec beaucoup de sensibilité,  qu' Alice Ferney nous introduit dans ce monde si particulier qu'est le monde des gens du voyage. C'est aussi une belle réflexion sur  la différence, le respect de l'autre. 
Mme Corbel, documentaliste, lit : Grâce et dénuement

mardi 10 mai 2011

Bel-Ami, de Guy de Maupassant

Mme Piau, professeur de français, lit : Bel-Ami

Quatrième de couverture :

Georges Duroi, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, oeuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s'entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.

 
Avis :
Pour qui sait bien manoeuvrer, le talent est inutile... Toute ressemblance avec certains de nos contemporains est fortuite dans ce roman diablement actuel.


Pour vous mettre en appétit, un court portrait de Georges Duroy extrait des premières pages :

"Il marchait ainsi qu'au temps où il portait l'uniforme des hussards, la poitrine bombée, les jambes un peu entrouvertes comme s'il venait de descendre de cheval ; et il avançait brutalement dans la rue pleine de monde, heurtant les épaules, poussant les gens pour ne point se déranger de sa route. Il inclinait légèrement sur l'oreille son chapeau à haute forme assez défraîchi, et battait le pavé de son talon. Il avait l'air de toujours défier quelqu'un, les passants, les maisons, la ville entière, par chic de beau soldat tombé dans le civil."